
Le Gouvernement du Bénin a franchi une nouvelle étape dans sa politique de gestion durable des ressources naturelles. À travers la Direction générale des Eaux, Forêts et Chasse (DGEFC), il a procédé ce mercredi 8 juillet 2026, à la remise officielle de matériels et d’équipements à onze coopératives et groupements évoluant dans les chaînes de valeur liées aux écosystèmes de mangrove. Financée dans le cadre du Projet de renforcement de la résilience des systèmes humains et naturels face aux changements climatiques à travers la conservation et l’utilisation durable des écosystèmes de mangrove dans le Sud-Bénin, cette initiative bénéficie de l’appui de la FAO et du Fonds pour l’environnement mondial (FEM).

D’un coût global de plus de 43 millions de francs CFA, les équipements remis visent à renforcer les capacités de production des communautés locales tout en réduisant la pression exercée sur les mangroves, écosystèmes essentiels à la protection du littoral et à la résilience climatique.
Une économie verte au service de la conservation
Prenant la parole, le Coordonnateur du projet a rappelé que le projet mise sur le développement de chaînes de valeur respectueuses de l’environnement, notamment la saliculture moderne.

« Nous avons choisi de promouvoir la chaîne de valeur de la saliculture écologique parce qu’elle n’utilise pas le bois de mangrove pour fabriquer le sel, contrairement à certaines pratiques qui détruisent progressivement les paysages de mangrove », a-t-il expliqué.
Selon lui, les bénéficiaires ont été sélectionnés parmi des groupements modèles ayant suivi plusieurs sessions de formation. Les équipements remis permettront notamment de moderniser les techniques de production.
« Aujourd’hui, certaines femmes continuent de puiser l’eau de mer à l’aide de bassines. Les motopompes que nous mettons à leur disposition répondent directement à ce besoin et amélioreront considérablement leurs conditions de travail », a-t-il indiqué.
Outre la saliculture, le projet accompagne également les filières du maraîchage, du compost organique, de l’écotourisme et de la pêche.
Onze coopératives équipées
La première phase de remise concerne cinq coopératives de saliculture moderne et six coopératives de maraîchage et de fabrication de compost organique, réparties entre Sèmè-Podji, Ouidah, Grand-Popo, Abomey-Calavi, Aguégués et Comè.

Les bénéficiaires ont reçu des motopompes, tricycles, brouettes, bâches de séchage, arrosoirs, équipements d’irrigation, tonneaux, bassines, sacs de conservation, outils agricoles, équipements de protection individuelle et divers matériels destinés à améliorer durablement leurs activités. Une paillote de renforcement des capacités a également été attribuée au groupement le mieux classé.
Un processus de sélection rigoureux
Le représentant du Directeur général des Eaux, Forêts et Chasse a insisté sur la transparence ayant entouré le choix des bénéficiaires.

« La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui marque l’aboutissement d’un processus rigoureux, transparent et participatif », a-t-il déclaré.
Les plans d’affaires soumis par les coopératives ont été évalués selon plusieurs critères : pertinence des projets, faisabilité technique, viabilité financière, création d’emplois, inclusion des femmes et des jeunes, ainsi que leur contribution à la conservation des mangroves.
« À l’issue de ce processus, vingt-et-un promoteurs ont été retenus et signeront une convention avec la Direction nationale du projet afin de garantir la bonne utilisation et l’entretien des équipements mis à leur disposition », a-t-il précisé.
Des moyens renforcés pour surveiller les mangroves
Au-delà des activités économiques, le projet renforce également la surveillance des écosystèmes. Les brigades des pêches d’Ahémé et de Nokoué ont reçu deux drones, quatre GPS, une barque ainsi que divers équipements de terrain destinés à améliorer le contrôle et la protection des mangroves.
« La conservation ne peut être dissociée de la prospérité des communautés »

Représentant le ministre du Cadre de vie et des Transports chargé du Développement durable, le secrétaire général a souligné que cette remise de matériels traduit la vision du Gouvernement en faveur d’une économie verte.
« Aujourd’hui, notre pays fait de la gestion des mangroves une source de création d’emplois, de production de richesses et de construction d’une économie verte capable d’améliorer durablement les conditions de vie des populations », a-t-il affirmé.
Il a rappelé que les mangroves constituent un rempart naturel contre l’érosion côtière, favorisent la reproduction des ressources halieutiques et contribuent à la séquestration du carbone.
« Les équipements que nous remettons aujourd’hui représentent un investissement de plus de quarante-trois millions de francs CFA. Ils permettront de moderniser les activités économiques des communautés et de réduire durablement la pression sur les ressources naturelles », a-t-il indiqué.
Le représentant du ministre a enfin invité les bénéficiaires à faire un usage responsable de ces équipements, estimant que leur remise constitue « non pas un aboutissement, mais le début d’une nouvelle responsabilité ».
Une coopération saluée par la FAO

Le représentant de la FAO a, pour sa part, salué la qualité du partenariat avec le Gouvernement béninois.
« Les mangroves constituent l’un des patrimoines écologiques les plus précieux du Bénin. Elles jouent un rôle fondamental dans la protection des côtes, la préservation de la biodiversité, le stockage du carbone et les moyens de subsistance des communautés locales », a-t-il rappelé.
Il a souligné que le projet, lancé en 2023 avec l’appui du Fonds pour l’environnement mondial, affiche déjà un taux d’exécution physique supérieur à 57 %, preuve des résultats déjà enregistrés sur le terrain.
Les bénéficiaires s’engagent

Au nom des coopératives bénéficiaires, leur porte-parole a exprimé sa reconnaissance envers le Gouvernement, la FAO et l’ensemble des partenaires du projet.
« Nous sommes pleinement conscients que cette étape renforce davantage notre responsabilité. Nous nous engageons à utiliser ces équipements avec rigueur afin d’améliorer durablement nos activités et de préserver les mangroves pour les générations futures », a-t-il assuré.
À travers cette importante dotation, le Gouvernement du Bénin confirme son ambition de faire des communautés locales les principaux acteurs de la protection des mangroves, en conciliant développement économique, lutte contre les changements climatiques et préservation de la biodiversité.

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