(Une thèse de doctorat consacrée à la problématique)
Par Modeste ADANI

Le vendredi 28 novembre 2025, l’École Doctorale des Sciences Agronomiques et de l’Eau de l’Université d’Abomey-Calavi a accueilli la soutenance de thèse d’Oladé Charles Sansan. Ce jeune chercheur de 30 ans, originaire de Tchetti dans la commune de Savalou, a présenté des travaux qui ouvrent des perspectives concrètes pour l’agriculture béninoise, notamment la culture de l’oignon, dans un contexte de changement climatique.
Les travaux de recherches menés entre 2022 et 2024 au Bénin et en Allemagne, ont étudié 14 variétés d’oignon pour voir comment elles réagissent au manque d’eau et à la forte chaleur. L’oignon, légume très important pour l’économie et l’alimentation, souffre beaucoup de la sécheresse et des vagues de chaleur.

Des pertes de production alarmantes
Les expériences en serre ont soumis les plants d’oignon à plusieurs épreuves : la sécheresse (10 à 30 jours sans eau), des températures de 37°C (4 heures par jour pendant 21 jours) et une combinaison des deux. Les résultats sont impressionnants : le poids des bulbes d’oignon chute de 70% quand la plante subit en même temps le manque d’eau et la chaleur. Avec la sécheresse seule, la perte est de 50%, et avec la chaleur seule, elle est de 21%.
La période où le bulbe se forme est le moment où la plante est la plus fragile. La quantité d’eau dans les feuilles baisse de 42%, les feuilles perdent leur couleur verte (moins 38%), et la taille des bulbes diminue de 56%. Mais il y a une bonne nouvelle : trois variétés résistent très bien. Goudami, Prema et Red Jewel continuent à bien produire même dans des conditions difficiles. Par contre, la variété Red Creole supporte mal ces conditions.
Les secrets génétiques de la résistance dévoilés
L’originalité de cette thèse réside dans l’analyse de l’expression génétique. Le chercheur a identifié comment certains gènes s’activent différemment selon les variétés pour combattre le stress. Chez Goudami, le gène SOD (responsable des enzymes antioxydantes protectrices) s’exprime 6,26 fois plus que chez Red Creole sous stress combiné. Le gène AQP, qui régule le transport de l’eau, est 4,65 fois plus actif chez Goudami face à la chaleur.

Les plants stressés accumulent massivement des molécules protectrices : la proline augmente de 246%, les enzymes antioxydantes doublent leur activité. Face à la sécheresse, les stomates ouverts diminuent de 70% pour limiter les pertes en eau. Ces découvertes offrent des solutions concrètes, à savoir que les variétés tolérantes peuvent être recommandées aux producteurs des zones arides, et serviront de base génétique pour créer de nouvelles variétés encore plus performantes. Dans un contexte de réchauffement climatique, cette étude est très capitale, pour révolutionner la culture de l’oignon, et pour ainsi dire, garantir la sécurité alimentaire.

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