Cotonou a accueilli, du 26 au 28 novembre 2025, la première Conférence Scientifique Internationale sur la Mangue du Bénin (CSIM-BENIN). Pendant trois jours, la capitale économique a réuni experts, producteurs, transformateurs, institutions publiques et partenaires techniques venus de neuf pays. Le thème retenu, « La mangue béninoise, fruit de notre terre, levier de notre souveraineté économique », annonce clairement l’ambition : faire de la mangue un pilier stratégique du développement national.
Des discours d’ouverture qui donnent le ton

Dès le lancement des travaux, les prises de parole ont souligné l’urgence et l’importance d’une structuration plus solide de la filière. Le président de l’Union Nationale des Transformateurs de Mangues (UNaTM) a marqué l’auditoire en rappelant que la transformation reste l’un des maillons les plus décisifs. « Nous sommes la voie de transformation, nous sommes la preuve que la mangue peut nourrir son pays. »

Pour sa part, la Directrice de l’ATDA Pôle 5, Rissikatou SALE, a mis en avant l’enjeu exportateur : « Cette conférence permettra de révéler davantage les potentialités d’exportation de la mangue du Bénin. »

Représentant le ministre de l’Agriculture, le Directeur de Cabinet Dossa Aguemon a replacé l’événement dans la stratégie nationale : « Le Bénin nourrit l’ambition de s’affirmer comme un pays émergent de la mangue dans la sous-région. »
Un état des lieux sans concession
Le Professeur Antonio SINZOGAN, expert R4D (SYRIMAO), a ouvert les communications avec un diagnostic clair : la filière reste fragilisée par des pertes post-récolte pouvant atteindre 80 %, la pression des ravageurs, les effets du changement climatique et les exigences strictes des marchés internationaux.Malgré cela, les opportunités sont réelles : demande mondiale en hausse, innovations techniques disponibles, potentiel de création d’emplois pour les jeunes et les femmes. La CEDEAO accompagne déjà les acteurs pour améliorer la qualité et renforcer la professionnalisation.Le chercheur recommande une modernisation des pratiques, une meilleure intégration des maillons de la chaîne de valeur et un investissement accru dans les infrastructures de post-récolte.

Quatre pays dévoilent leurs modèles
Le panel international a apporté des perspectives comparatives essentielles. Burkina Faso : 80 % de vergers certifiés bio, grâce à une stricte application des normes. Ghana : deux saisons de production, un avantage compétitif majeur. Sénégal : un modèle de collaboration étroite entre État et organisations professionnelles. Guinée-Conakry : filière jeune mais dynamique, confrontée à la vétusté des vergers et au manque d’équipement.Des exemples qui montrent que la réussite repose sur la rigueur, la structuration et la qualité.

Communications thématiques : comprendre pour mieux agir
Plusieurs études présentées ont mis en lumière les problèmes récurrents du secteur au Bénin :faible organisation des producteurs ;approvisionnement irrégulier pour les transformateurs ;manque de transparence dans la fixation des prix ;absence d’un cadre réglementaire adapté ;appuis techniques insuffisants, surtout en post-récolte ;ravageurs persistants, pistes rurales dégradées, contraintes foncières.Le diagnostic est clair, mais les solutions existent et sont à portée de main.
Une première journée porteuse d’espoir

Cette première journée de la CSIM-BENIN 2025 a permis de dresser un état des lieux complet et de dégager de nouvelles orientations.Une conviction se dégage : le Bénin a le potentiel pour devenir un acteur majeur de la mangue en Afrique de l’Ouest.La mobilisation observée donne le ton : producteurs, chercheurs, décideurs et partenaires internationaux semblent désormais déterminés à faire de la mangue béninoise un produit compétitif, reconnu et économiquement porteur.

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